Samedi 20 août 2022 à MAZAN: inauguration de la plaque-souvenir du Maquis Ventoux-l'embuscade du groupe CHIARELLI
Notre association des CVR de Vaucluse et départements limitrophes a inauguré à Mazan ce samedi 20 août 2022 à 11h, la plaque-souvenir de la Résistance dédiée à l'embuscade du 20 août 1944 du groupe FFI sous les ordres de Louis CHIARELLI, Chef militaire du Canton de Mormoiron.
En présence de Monsieur le Sénateur Jean Baptiste Blanc, de Madame Jacqueline Bouyac, Présidente du Parc du Ventoux et Vice-Présidente de la Région, avec Madame Bénédicte Martin, Vice-Présidente de la Région, de Monsieur le Député Jean François Lovisolo, de Madame Florelle Bonnet représentant Monsieur le Député Hervé De Lépineau, de Monsieur le Conseiller Départemental Max Raspail, de Madame la Conseillère Régionale Catherine Rimbert, de Madame la Maire de Caromb Valérie Michelier, de Monsieur le Maire de Mazan et des membres du Conseil Municipal, de la Philharmonique de Mazan, des associations patriotiques, des drapeaux de la Résistance et de la Déportation de Vaucluse, des familles des Résistants de Mormoiron,
les deux fils de Monsieur Louis CHIARELLI, Gabriel et Gérard ont dévoilé avec le Président des CVR de Vaucluse la plaque mémorielle, qui constitue un nouveau jalon dans le projet de "Chemin de Mémoire: sur les pas des Résistants du Maquis VENTOUX, 1944-2024" sur lequel notre association départementale travaille activement depuis plusieurs mois.
Nous tenons à remercier Monsieur Patrick Mus des services du Département de Vaucluse, la région PACA, la municipalité de Mazan, Monsieur Fabien CABEZAS (Petit-fils de Résistant du Maquis Vasio) en tenue de maquisard portant le fanion FFI ainsi que toutes les personnes qui ont oeuvré pour la réalisation de ce projet indispensable au devoir de Mémoire en Vaucluse.
Cette cérémonie s'est terminée par le vin d'honneur dans les jardins du Colonel Arnaud Beltrame offert par la municipalité de Mazan.
- La cérémonie d'inauguration:


































- L'historique de l'embuscade du 20 août 1944:
13 août 1944: Kommandantur de Carpentras
Jean GARCIN alias BAYARD dans la Résistance, Chef des groupes FRANCS de Vaucluse ressort indemne de sa convocation par le commandant général. Il n'en revient pas!
Et surtout, il vient d'intercepter une information de toute première importance: "les allemands sont en alerte 2". C'est donc le débarquement de Provence d'ici 24h!
Son agent de liaison, PAULE ira porter la bonne nouvelle aux deux colonels fraichement parachutés, Délégués d'Alger et de Londres tandis que Jules TEN alias Capitaine Crillon avertira les chefs du Maquis Ventoux, le colonel BEYNE et Max FISCHER.
20 août 1944: le village de Mormoiron en alerte
"... Louis CHIARELLI, mécanicien de profession à Mormoiron, membre de la première heure du mouvement de Résistance COMBAT, Chef militaire du Canton de Mormoiron, rassemble l'ensemble des Résistants du village qui reçoivent les armes, cachées depuis les parachutages dans le cabanon de Joseph PIOMBINO.
Louis CHIARELLI donne l’ordre de faire un barrage à l’entrée de Mormoiron (quartier de la Rode) sur la route menant de Sault à Mazan et d’attaquer tout véhicule allemand qui se présenterait.
Dans les premières heures de la matinée, le coup de main du "barrage de la Constance" sur une voiture boche fut manqué… Le véhicule endommagé réussit à prendre la fuite vers Mazan pour rejoindre le gros des troupes allemandes.
Vers 9 heures 30, Louis CHIARELLI décide de se rapprocher de l'ennemi en établissant un deuxième barrage sur les rochers de la ferme CHAUMARD (Plein pagnier) à Mazan.
L’équipe était renforcée, elle comprenait Louis CHIARELLI, Georges MARCELLIN dit "Patrice", Fernand et Régis Conil dit "Pégous", Scopetani, Léonard GONNET, Jésus RIVIERA, Henri BOUYAC, MANSSON, Aimé RIMBERT dit "le Cointe", Léopold BLANC, Emile BOURDANOVE, Ercolé MARTOGLIO et le plus jeune du groupe Maurice CLAVEL.
Le dispositif était complété par 2 fusils mitrailleurs tenus par Louis HORARD, Jean MARCELLIN et Daniel ARNAUD..."
[Nous n'oublions pas Marcel BOREL, Louis MARCELLIN, Gilbert BOREL, Paul LAFOND, Raymond BLAISE, Jean FIGUIERE, Marcel BELON, Louis GAY et bien sûr Jacques DREYFUS arrêté le 16 juillet 1943 par la gestapo à Mormoiron avec sa famille, ils seront tous assassinés en déportation!]
"... Nous sommes maintenant en place au-dessus des rochers qui surplombent la route. Henri BOUYAC qui est à quelques mètres de moi me semble de plus en plus impatient. Tout d'un coup, il me dit : "Oh Maurice ! Maurice ! Qu’est-ce qu’ils font? Ils n’arrivent pas encore ? Parce qu’après on va danser à Bédoin !
Soudain, un bruit sourd de moteur se fait entendre. Nous nous aplatissons sous les chênes du talus, nous sommes prêts !
Il est 16 heures 30, nous apercevons la tête d’un convoi allemand comprenant 1 sidecar, 2 camions, une voiture et un troisième camion. Nous laissons passer le sidecar puis les grenades gamon entrent en action.
Les camions sautent véritablement en l’air et viennent s’écraser contre le talus surmonté d’un verger d’oliviers. C’est la panique dans les rangs allemands, les officiers vocifèrent, les soldats allemands affolés se réfugient sous les essieux pour se mettre à couvert.
Le feu de nos Sten ne fait que s’accentuer alors que les allemands commencent à riposter. Soudain, l’un d’entre nous aperçoit des soldats allemands qui progressent en rampant sur le chemin qui monte à la ferme CHAUMARD.
Le convoi est maintenant à l’arrêt. Une automitrailleuse s’engouffre dans le chemin étroit de la ferme. Si nous ne décrochons pas, nous allons être rapidement encerclés. Louis CHIARELLI donne alors l’ordre de repli. Maurice CLAVEL ne l'entend pas, c'est le dernier qui quittera les lieux, sa mitraillette enrayée lui sauvera ainsi la vie...
La mission était accomplie!
Mais, les représailles allemandes ne tardèrent pas à venir. La ferme Chaumard déserte, est détruite à l’aide d’une mine anti-char. Le propriétaire, Joseph CHAUMARD est pris en otage, il ne parlera pas, ne donnera aucun nom de Résistants de Mormoiron. Par contre, Marcel GAIFFIER de Mazan qui avait eu le malheur de passer par là peu de temps après l’attaque, tombera sous les balles de l’occupant..."
"..." Mémoires et témoignages des Résistants recueillis par J. RUEL
