Jean GARCIN 1944

Le Maquis du Chat

Il y a 20 ans était éditée cette PLAQUETTE-SOUVENIR, réalisée par Monsieur Jean LEBRE, Président des Anciens Résistants de Lagnes et des C.V.R du département de Vaucluse, avec l’aide de la Municipalité Lagnoise. Ce document nous donne une synthèse des principales actions et les noms de ceux de la Résistance Lagnoise.


Après l’armistice signé le 22 juin 1940, après le suicide de la République le 10 juillet, le gouvernement s'installa à VICHY et "l’Etat Français" prit la place de la IIIème République. Le 30 octobre 1940, PETAIN annonça officiellement la collaboration avec l’ennemi. 

1940-1944

Pendant quatre dures années, LAGNES, comme partout en France, connut les restrictions, les privations, l'occupation ennemie, les arrestations, les déportations de patriotes, les injustices et les répressions brutales. Il y eut, hélas ! quelques "collaborateurs", quelques délateurs d'étrangers et de communistes, ainsi que quelques profiteurs du "marché noir".

Au même moment, s'organisa une aide efficace pour réconforter les nombreux prisonniers de guerre (19 pour LAGNES) en leur écrivant et en leur faisant parvenir des colis de nourriture et de vêtements chauds. Immédiatement après la loi mettant en place le S.T.O. (Service du Travail Obligatoire-16 février 1943), cette solidarité agissante s’élargit rapidement aux réfractaires et aux patriotes qui "prenaient le maquis" et menaient désormais une vie clandestine. LAGNES devint alors un lieu de rassemblement pour ceux qui luttaient contre l'occupation ennemie et la honteuse collaboration du Gouvernement de VICHY. Dès les premiers mois de 1943, dans les tutélaires collines lagnoises, les premiers Résistants locaux et régionaux se groupèrent.

                           La ferme du Chat, Lagnes

La ferme du Chat devint alors le point de ralliement des Réfractaires au travail obligatoire en Allemagne et des Combattants clandestins; le Maquis du Chat et le Groupe-Franc KLEBER s'y installèrent.

De là, Jean GARCIN, Jules TEN, Fonfon BEGOU et leurs camarades organisèrent et réalisèrent près de 300 opérations armées de sabotage, de destruction de biens ennemis et d'évasion de patriotes emprisonnés.

Ces actes de Résistance touchèrent tout le département de Vaucluse et les départements voisins. Les maquisards devenant de plus en plus nombreux, le Maquis du Chat se structura. Le Groupe-Franc KLEBER entreprit alors des actions de grande envergure pour enrayer la machine de guerre nazie.           

Groupe Franc Kléber, Lagnes 1944 (Coll. H. VICARI; restauration numérique CVR de Vaucluse 2014)

Photographie d'une partie du Groupe-Franc KLEBER au Maquis du Chat en août 1944 (Légende d'après H. VICARI, 2014)

  • Rangée du haut, de gauche à droite: une femme qui nous faisait la cuisine à la Libération, je crois qu'elle s'appellait Josette; 1er homme: Georges BRUNEL de Lagnes; 2ème homme: Marcel BOURGUE de Lagnes; 3ème homme: Hubert VICARI (alias "Longuet"); 4ème homme: VESTROFER de Ménilmontant, Paris; 5ème homme: Jules TEN de Lagnes (alias "Capitaine Grillon"); 6ème homme: Paul FOIS de Lagnes; 7ème homme: Georges ROUX de Lagnes; 8ème homme: Fernand MOURIC de Lagnes; 9ème homme: René FEDERIGHI de Lagnes; 10ème homme: Julien DELANZY de Lagnes; 2ème cantinière: Henriette LAUTIER de Lagnes.
  • Accroupis, de gauche à droite: 1er homme: François SANCHEZ de Lagnes; 2ème homme: un inconnu (???); 3ème homme: SIDERAKIS de Port de Bouc; l'enfant: Lucien TEN, fils de Jules; 4ème homme: TRIGO, beau-frère de René FEDERIGHI; 5ème homme: "TARZAN" de Port de Bouc; 6ème homme: Max LOMBARD de Velleron (alias "Maxou"); 7ème homme: Maurice FOIS de Lagnes. 

- Grâce au Maquis du Chat et au Groupe-Franc KLEBER, depuis la Libération, LAGNES est connue par la mémoire collective comme un haut-lieu de la Résistance française.

- Les Groupes Francs constituaient une partie de l'armée secrète et avaient pour mission essentielle l'action immédiate contre l’ennemi nazi et les collaborateurs.

 - Le Groupe-Franc KLEBER, équipe de choc du Maquis du Chat, réussit dès le début de l’année 1943 jusqu'à la Libération, plusieurs centaines d'opérations ayant pour but de porter atteinte au moral des ennemis ainsi qu'à leur potentiel militaire.

 - Il fallut d'abord se procurer les armes, munitions et explosifs indispensables dans la lutte clandestine en désarmant des militaires isolés, en interceptant des camions ennemis pour récupérer leur chargement. En même temps, on dut penser à fournir aux maquisards les moyens de vivre dans la clandestinité : nourriture, matériels de couchage, vêtements, chaussures et équipements divers. Les Chantiers de Jeunesse furent particulièrement visés ainsi que des trafiquants du marché noir et des personnes ne cachant pas leur sympathie pour la politique de collaboration du Gouvernement de VICHY.

 - Les armes récupérées ou parachutées et la logistique mise en place permirent plus facilement les hardis coups de main qui se multiplièrent, par exemple contre les agents de la Gestapo à Avignon et contre les patrouilles allemandes notamment sur la route de la Gabelle entre Sault et Carpentras et sur les routes entre Cavaillon, l’Isle sur la Sorgue et Apt.

 - Le Groupe-Franc KLEBER intervint à Marseille et permit la libération de douze détenus politiques incarcérés à la Prison Chave; toujours à Marseille, il fit évader des détenus Résistants à l’hôpital de la Conception et à l’hôpital Salvador. A Avignon, l'équipe du Groupe-Franc KLEBER organisa l’évasion de deux Résistants emprisonnés à Sainte Anne.

 Jean GARCIN fut nommé chef des Groupes-Francs de la région R2: il devint le Colonel BAYARD; Jules TEN de LAGNES, Capitaine Grillon et Alfonse BEGOU du Thor, Capitaine BALKAN, le secondèrent avec un courage et une efficacité à toute épreuve.                      

Jules TEN, Jean GARCIN, Alphonse BEGOU (1944)

A leur côté, les épaulant en toutes circonstances, il y avait OSCAR, Maneo NUTI, le père de famille tranquille qui était toujours volontaire pour les actions difficiles. Il y eut les anciens de la guerre 1914-1918, les AUDIFFREIN, BOYER, FAVIER et OUVIER, aujourd’hui disparus. Il y avait Yvon DARRIES, Georges LUARD et André POUFFARY qui ne virent pas le jour tant attendu de la Libération et donnèrent leur vie pour la Liberté; il y avait René PEYREROL, Julien OUVIER qui furent respectivement Président et Secrétaire de l’Association Lagnoise des Anciens Résistants; tous nous ont quittés prématurément et reposent dans notre cimetière. Il y avait les courageuses Paule ALGOUD, Mireille GARCIN, Monique SALOMON, Wanda DE KORMONICKA, agents de liaison.

Il y avait Jacques ROBERT, Jean PICOUT, Titin MARMO, Jacques REALE, le Docteur Jean ROUX, TULLIO et Hubert VICARI, Maurice et Paul FOIS, Georges BRUNEL, Fernand RECEVEUR, Jacques SERRE, Félix ETHIOPIDE, et son épouse Paulette, Georges ROUX, Yvan SAVINAS, Louis BOMPARD ("RAFALE"), REDESPELGER, Fernand MATHIEU, André MAZAT, Edouard et Martial RIVAREL, les Frères TEN, Aimé CREST, Albert DONNAT, Pierre GAUTHIER, Gaston ORINIER, Antoine AYORA, Raymond MAYAN, Jean APPY, Emile RICAUD, Raphael CUREL, Julien GREGOIRE, Marcel CLARETON, Marcel BOURGUE, les frères MOURIC, René FEDERIGHI, André CANIBANO, Julien DELANZY, Roger BOUDIN et d'autres encore...

Il y eut les Camarades Résistants-Déportés Félix TAMISIER et son fils Norbert, Pierre BASCOU, Emile LAUGIER et Manuel TEN. Il y eut Alfred NELSON, pilote américain dont l’avion fut abattu en combat aérien à CAUMONT le 19 juillet 1944 et qui se réfugia au Maquis du Chat.

II y eut les Résistants Lagnois morts pour la France et la Liberté, dont la mémoire est perpétuée par le Monument de la Résistance, place de la Mairie: Georges LUARD ("Le Lyonnais") tué à Jonquières le 20 novembre 1943 au cours d'une mission de sabotage, ses camarades du G.F. KLEBER ramenèrent courageusement son corps à LAGNES où il fut inhumé devant la Ferme du Chat, Fernande PEYRE, agent de liaison, tuée en mission à Avignon le 31 janvier 1944, Armel COLLET, jeune Lagnois qui avait rejoint le maquis de Paul Nouveau à Saint Jean de Sault, il fut pris en combattant les Allemands et les miliciens dans les bois et fusillé le 1er juillet 1944 sur la place de Saint Saturnin les Apt, Yvon DARRIES, horriblement torturé puis tué par les Allemands et les traîtres de la milice le 2 août 1944, André POUFFARY, tué le 22 août 1944 au cours du dernier accrochage avec les Allemands en déroute sur la route de LAGNES à Cabrières, quelques heures avant la Libération définitive de la commune dont la Mairie, le presbytère et les écoles avaient été partiellement et temporairement occupés par les troupes allemandes. Armel COLLET, Yvon DARRIES et André POUFFARY reposent dans le cimetière de LAGNES où fidèlement, tous les 8 mai, hommage leur est rendu ainsi qu’à tous les Résistants au cours d'une imposante manifestation pleine d’émotion.

Le soir du 22 août 1944, les Résistants du Maquis du Chat et du Groupe-Franc KLEBER qui avaient fait de LAGNES un haut-lieu de la Résistance, s'installèrent à la Mairie. Immédiatement, le Comité Local de Libération Nationale fut mis en place; sa composition était la suivante :

Président: Jules TEN, Vice-président: Charles BOYER, Membres: Jean APPY, Emile RICAUD, Joseph AUDIFFREIN, Sylvestre CLARETON, Julien OUVIER, Georges BRUNEL, Gaston ORINIER, Yvan SAVINAS, Aimé CREST, Edouard RIVAREL.

Le 25 août 1945, les Résistants du Maquis du Chat-Groupe-Franc KLEBER se réunirent pour fêter la Liberté retrouvée et le premier anniversaire de la Libération. 

Premier anniversaire de la Libération, le 25 août 1945 à Lagnes (Coll. Raymond MAYAN)

Madame Yvonne de KOMORNICKA (alias "Kléber") donna son nom de Résistance à Monsieur Jean GARCIN (alias "Bayard").

40 ans de la Libération, 20 août 1984, Lagnes

Stèle du Maquis du Chat Janvier 2015 Plaque du Maquis du Chat Janvier 2015